Pour m'écrire

Ecrivez-moi ici

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Recherche par mots-clefs

Images aléatoires (en cours)

  • CImages--30230.jpg
  • v-n-on---parc-des--crins-19-juillet-2009--6-.jpg

And Also The Trees (quinzième cycle)

Samedi 31 octobre 2009

 

 



Un peu plus de quatre mois à peine après son dernier passage à Paris (si rapidement même que j’en écourtai mon tout récent voyage…), And Also The Trees a donné un spectacle « acoustique » le vendredi 30 octobre 2009 au Café de la Danse, à Paris. Si l’essentiel du spectacle est demeuré le même, le cadre du Café de la Danse est un peu moins intime que celui du Lavoir moderne ; mais c’est une salle aux beaux volumes, une vraie scène de théâtre, aux plafonds hauts, et devancée par des gradins aux fauteuils modernes de couleur rouge. Mais toute la salle est rouge, et sombre, en entrant ; les lumières rosissent légèrement en se posant sur les instruments qui attendent solitaires l’arrivée des quatre actuels membres du groupe : les deux frères Jones, Simon Huw et Justin, Ian Jenkins et Emer Brizzolara. C’est dans le bruit que le spectateur attend lui aussi : des gens (qui sont aussi de futurs spectateurs) vont et viennent incessamment entre les sièges, armés de verres en plastique remplis de vin ou de bière (– le Café de la Danse est aussi un café…), verres qu’ils manquent, entre deux périlleux équilibrismes d’acrobates sur les marches des gradins, de renverser sur le pauvre spectateur, dont ils marchent aussi sur un pan du manteau (le spectateur est venu vêtu d’une chemise blanche, d’un gilet et d’un beau manteau couleur d’automne)…  Et cela vocifère, s’interpelle, bouscule vaguement sans trop s’excuser. Le spectacle était annoncé à sept heures et demie du soir, mais il est déjà huit heures et quart ; de la musique de fond (cet oxymore ignoré) résonne sans que personne n’y prenne garde. A vrai dire, chacun s’écoute lui-même, mais ne fait pas silence – en somme personne à la fin ne s’écoute ; et surtout, ne se tait pas avant la musique. (Mais que peuvent bien avoir à se dire, à voix haute, ces pipelets ? Il n’y a déjà que peu de choses à dire, alors, avant And Also The Trees, avant la musique…) Mais, enfin, on ne va tout de même pas demander à qui vient écouter quelques chefs-d’œuvre de la musique mineure (sous ma plume, attention, cet adjectif n’est pas péjoratif, au contraire) le comportement de qui vient écouter une symphonie de Jean Sibelius ! Le spectateur remarquera par ailleurs que, malgré le crépitement des appareils photographiques durant le spectacle, et auquel Simon Huw Jones lui-même demandera avec une élégante fermeté qu’il cesse, chacun saura faire silence ensuite, et n’applaudir qu’une fois la musique tue. Et c’est déjà cela : nous sommes assis ; seules quelques personnes se tiendront debout tout le long du spectacle, devant la scène – les observant, je me rappelais les pénibles stations debout durant les anciennes prestations du groupe, dans les années 1990, et jusqu’en 2008, quand j’y allais avec *** ; je les endurais par admiration...


*


A quelles couleurs de lyre me font songer les ballades d’And Also The Trees ? Mais ce sont plutôt des couleurs mêlées, indécises, presque paradoxales : zinzolin pâle, violent céladon… Mais si la musique convoque souvent l’automne, ce sont bien souvent toutes les saisons qui sont conviées. Et toujours, ce caractère hanté de la musique d'And Also The Trees, comme un château apparu au beau milieu de la ville, et dont les portes, et les fenêtres s'ouvriraient brutalement, pour laisser s'épancher au dehors un monde intime d'échos. A certains moments, c'est presque d'hallucination sonore qu'il faudrait parler, stupéfiante d'intensité, comme un Rêve qui explose. A cela s'ajoute la voix grave, altière et lointaine de Simon Huw Jones, comme si toujours elle s'éveillait d'un rêve en le prolongeant comme une fumée sonore.


*


Il me faudrait davantage étudier, lors des représentations, la gestuelle du chanteur, Simon Huw Jones. Je me souviens qu’il lui arrivait, jadis, de lire ses poèmes sur un livre qu’il tenait ouvert dans ses mains, tandis qu’il chantait. Il habite aujourd’hui ses poèmes en fermant souvent les yeux. Ses mains tracent de vastes géographies dans l’air, des paysages, des figures, des visages peut-être. Ses doigts se serrent sur d’invisibles d’objets, parfois c’est comme s’il épelait des ombres. Parfois, aussi, il s’agenouille, il baisse la tête ; puis il se relève et jette des regards perdus, par-delà les spectateurs. Pour la chanson The Untangled Man, c’est tout son corps qui frémit, presque pris de convulsions : il serait le marionnettiste de lui-même, l’acrobate blessé, le funambule frêle. Tiens, mais n’en ai-je pas parlé ailleurs ?...


______

N.B.


Le même spectacle
, disais-je, essentiellement, certes, sinon pour les admirateurs de longue date, auxquels furent offerts des morceaux exceptionnels (j’ai bien conscience d’écrire là pour quelques dizaines de personnes…), lesquels ne figurent pas dans l’album « acoustique » When The Rains Come (mai 2009) : la reprise « acoustique », donc, épurée, de quelques pièces musicales du passé du groupe : dans le désordre, Belief In The Rose, de l’album Farewell To The Shade (1989), d’une lenteur quintessenciée, et la merveilleuse chanson The Suffering Of The Stream, de l’album The Millpond Years (1988), une des plus belles mélodies du groupe, et, dans cette version, d’une stupéfiante perfection, vaste, précise, rêveuse, intime… belle à pleurer ; puis deux chansons de l’année 1983, Wallpaper dying, plutôt réussie (l’originale n’était pas vraiment ce que le groupe a composé de mieux), et surtout The Secret Sea, extraordinairement rajeunie, et qui prenait un relief étonnant, et même plutôt drôle : la joie amusée de l’interpréter ainsi se lisait sur le visage des musiciens. Je possède le 45-Tours, daté de 1984, édité par Reflex Records, de The Secret Sea : au recto de la pochette, l’on voit la silhouette d’un jeune homme de profil (Justin Jones ?) agenouillée sur le rivage, près de la mer, les mains dans le sable ; un peu plus loin, dans les vagues de la mer qui s’ourlent scintillantes, une silhouette féminine noire se distingue à peine, et semble danser en levant les bras. Au verso de la pochette, c’est la même photographie, inversée ; le jeune homme est dans la même position, mais la silhouette dans les vagues a disparu.



Après le spectacle.
Par Frédéric Tison
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Vendredi 30 octobre 2009





Scène du Café de la Danse, au 5 passage Louis-Philippe, dans le 11ème arrondissement de Paris, ce soir, vers dix heures, après le spectacle d'And Also The Trees.


Par Frédéric Tison
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Jeudi 18 juin 2009


                                                                              The poor soul sat sighing by a sycamore tree ;
                                                                              Sing willow, willow, willow ;
                                                                              With his hand in his bosom, and his head upon his knee ;
                                                                              O willow, willow, willow
                                                                              O willow, willow, willow, willow shall be my garland...

                                                                                            Anonyme, Willow song (Othello, IV, 3)



D’aucuns – je ne parle pas de mes chers quatre ou cinq lecteurs fidèles – auraient tôt fait, en survolant rapidement quelques-uns de mes récents billets, sonores et visuels en ce qui concerne mon sujet, d’estimer que je place bien haut la formation musicale And Also The Trees, offrant ça et (ou encore ici et …) à qui le souhaite l’écoute de quelques chansons enregistrées tant bien que mal lors des spectacles désormais intimistes du « groupe ».


 

And Also The Trees, qui a maintenant presque trente ans de carrière, est une formation que je suis depuis bientôt vingt ans, et dont l’adolescent que je fus s’enchanta à la minute même où je découvris ses compositions. Enfin, me disais-je, quoique ce ne fût guère la forme exacte, alors, de mes réflexions, et je fus emporté, enfin, enfin  quelques chansons contemporaines et appartenant à la « variété » (entendue au sens très large, qui mêle la « chanson », la « pop », le « rock » et le « rock alternatif », etc.) qui s’inscrivaient dans la recherche d’une harmonie, et qui disaient aussi la beauté, par le soin apporté à la mélodie, au chant, au rythme interne, enfin des chansons, en somme, qui tentaient de se hisser jusqu’à la Musique – et y parvenaient.


 

Certes les chansons du groupe sont, pour la plupart, courtes des quatre ou cinq minutes que formate depuis les années 1950 l’industrie nivelante du disque et ses photogéniques (ou pas) vedettes interchangeables ; certes s’y trouvent, ainsi qu’il est d’usage, couplets et refrains ; certes même le groupe céda-t-il parfois aux Sirènes un peu clinquantes d’une instrumentalisation électronique. Jamais, cependant (à l’instar par ailleurs du meilleur de la « variété » dont And Also The Trees est aussi l’héritier ou le contemporain : Les Doors, Nick Cave, Chris Isaak, sans parler de Barbara ou de Jacques Brel), jamais cependant la mélodie n’en fut touchée, ou si elle en était altérée un instant c’était un instant volontaire, un désespoir, un abîme creusés ; jamais la voix ne fut laidement arrangée pour des effets douteux, dont la première cause eût été la déficience d’une voix incapable de chanter ; jamais le rythme de la batterie, exceptées, quelquefois, quelques ruptures, à la manière d’une citation (une esthétique capitale dans les compositions du groupe), ne se calqua sur les cadences abrutissantes et répétitives imitées d’on ne sait quelle inquiétante et faussement musicale marche militaire : toujours venaient la nuance, la déclinaison, la suspension et la reprise étonnée, toujours l’inspiration, depuis l’album éponyme And Also The Trees (1984), en passant par le subtil, mystérieux et délicat Virus Meadow (1986), les passionnément lyriques The Millpond Years (1988), Farewell to the Shade (1989) et Green is the Sea (1992) jusqu’aux autrement élégants albums tardifs, nettement plus « rock » et « urbains », The Klaxon (1993), Angelfish (1996), Silver Soul (1998), Further from the Truth (2003) et (Listen for) The Rag and Bone Man (2007) (1), toujours, donc, l’inspiration souterraine et intemporelle était celle de la ballade, la vraie ballade populaire, celle mélancolique ou discrètement joyeuse, infiniment rêveuse des Folksongs anonymes des XIIIème et XIVème siècles anglais, ou des Ballades de Thomas Morley, John Wilson, Robert Johnson ou Thomas Weelkes, du temps de Shakespeare, jadis interprétées par Alfred ou Mark Deller accompagnés du luth et de la guitare de Desmond Dupré, dans les années 1970. Et jamais le chant ne fut négligé : la voix sombre et rêveuse, sensuelle et subtile, nonchalante et précise de Simon Huw Jones, scandant ses poèmes, était traitée, à l’instar des Lieder (quelle outrecuidance dans cette comparaison, n’est-ce pas !...), ainsi qu’une arche de paroles traversant la rivière des sons. Si l’on ne saurait comparer And Also The Trees à Schubert ou Debussy (il faut distinguer, et distinguer encore...), il n’est pas exagéré de dire que le groupe a sa place dans le jardin souple et cristallin d’Euterpe.


 

Le spectacle du Lavoir moderne, le mardi 9 juin 2009, donné à l’occasion de la sortie de l'album When the Rains come (mai 2009), pour l’essentiel la version « acoustique », réduite à quelques instruments, de leurs anciennes chansons, fut une merveille : il atteignit presque la dimension d’un concert de musique de chambre « classique », par la profondeur et la savante simplicité mêlées de ces chansons recommencées par la contrebasse (Ian Jenkins), le dulcimer, le melodica (Emer Brizzolara), l’accordéon et les guitares acoustiques à 6 ou 12 cordes (Justin Jones), qui en firent des morceaux épurés, dépouillés de toute effusion inutile, de toute scorie, des moments de grâce hantée que la petite salle vêtue de poutres, aux murs rudimentaires, éclairée d’ampoules vertes et rouges sombres, accueillit telle la confidence d’un rêve – si l’on sait que le « véritable » rêve n’est aucunement le contraire du « réel », mais sa danse, son élégance, sa conscience, son doute et sa musique.


La musique composée par And Also The Trees agit ce soir-là comme une vigilance. A capter le vent comme elle sut le faire, elle fut elle-même parfois le vent – sa sentinelle, au beau milieu de la ville...


 

Ainsi que Boutès, le seul des Argonautes qui, envoûté par le chant des Sirènes, plongea dans la mer (2), nous fûmes ce soir-là encore sauvés par Aphrodite (qui fit de Boutès son amant), puis déposés sur une île sonore en compagnie, soyons-en sûrs, de la beauté.

 

____________ 

(1) Présentation fort succinte certes, fort insuffisante...
(2) Diodore de Sicile, Bibliothèque historique, IV, 23, 2.

 

 

Par Frédéric Tison
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Jeudi 18 juin 2009




The Willow

Broken are the boughs of the willow
She walks beneath them to me
Up above the sky is rolling
With clouds so gracefully
I'm living in my yellow house
On the hill by the fields of green that sway
I cannot think of anything
She walks to me this way

Broken are the boughs of the willow

Broken are the boughs of the willow
She walks beneath them to me
There amongst the wild roses
That turn against the breeze
The easy smile of her mouth
And the waves in the distance silver grey
The glinting of her golden ring
The dying of the day

Broken are the boughs of the willow


And Also The Trees, Further from the Truth (2003). Poème de Simon Huw Jones, musique de S.H. Jones, Justin Jones, Steven Burrows et Paul Hill.

Par Frédéric Tison
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Jeudi 18 juin 2009






(Je remercie ici Frédéric Truong.)
Par Frédéric Tison
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mercredi 17 juin 2009




Par Frédéric Tison
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mercredi 17 juin 2009




Par Frédéric Tison
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Samedi 13 juin 2009


La prise de photographies par le public, lors du spectacle d'And Also The Trees, au Lavoir moderne, le mardi 9 juin 2009 (lire aussi ici) était interdite ; je, ou Norbert C. qui m'accompagnait, n'avions pris en photographie que la scène vide. J'ai contacté le photographe Guillaume Sautereau qui m'a très aimablement autorisé la reproduction, ici, de ses prises de vue, dont le cadrage et la couleur, très élégants, évoquent à la perfection l'atmosphère intime que la formation musicale anglaise sut créer ce soir-là, dans la grâce d'une épure de chansons narratives parfois anciennes, soulignées ou scandées par la contrebasse profonde et la guitare cascadante, accompagnées d'un accordéon, d'un melodica rêveurs, d'un cymbalum (ou heavy dulcimer) scintillant...

Je remercie ici le photographe pour son autorisation.

















Crédits : Guillaume Sautereau / Popnews.com

Par Frédéric Tison
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mercredi 10 juin 2009




Simon Huw Jones, par Norbert Crochet.

Par Frédéric Tison
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mercredi 10 juin 2009
Par Frédéric Tison
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mercredi 10 juin 2009



and also the trees

Après le spectacle, la scène.

Cf. ici, , et encore .

Par Frédéric Tison
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Vendredi 22 mai 2009




Lady d'Arbanville


My Lady d'Arbanville, why do you sleep so still ?
I'll wake you tomorrow
and you will be my fill, yes, you will be my fill.

My Lady d'Arbanville why does it grieve me so ?
But your heart seems so silent.
Why do you breathe so low, why do you breathe so low,

My Lady d'Arbanville why do you sleep so still ?
I'll wake you tomorrow
and you will be my fill, yes, you will be my fill.

My Lady d'Arbanville, you look so cold tonight.
Your lips feel like winter,
your skin has turned to white, your skin has turned to white.

My Lady d'Arbanville, why do you sleep so still ?
I'll wake you tomorrow
and you will be my fill, yes, you will be my fill.

La la la la la...

My Lady d'Arbanville why do you grieve me so ?
But your heart seems so silent.
Why do you breathe so low, why do you breathe so low,

I loved you my lady, though in your grave you lie,
I'll always be with you
This rose will never die, this rose will never die.

I loved you my lady, though in your grave you lie,
I'll always be with you
This rose will never die, this rose will never die.


And Also The Trees, Farewell to the shade. Reflex Records, 1989 (Poème de Cats Stevens, voix de Simon Huw Jones, "guitare-mandoline" de Justin Jones).




Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés