Overblog Tous les blogs Top blogs Mode, Art & Design Tous les blogs Mode, Art & Design
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Fragments d'un Carnet de mots et d'images

Publicité

L'Evangile dans une poche

Il est inexact de dater le livre de poche des temps de la modernité. Certes, celui que nous connaissons, - parfois hélas de mauvaise qualité et s’en allant en défets involontaires dès la première lecture, laquelle trop souvent lui casse le dos, et faute d’une colle efficace – se développe dès les années 1930, et l’idée d’un livre peu encombrant et peu onéreux semble remonter au XIXème siècle. (Et de ce siècle naît l’idée funeste du livre comme produit, qu’exploiteront les classes dominantes - lesquelles, rappelons-le, ne coïncident pas exactement avec les classes cultivées - jusqu’à ce que, sans cesser d’être dominantes, elles deviennent les esclaves béates et sans grâce de leurs gains et leurs privilèges déshonorés - par leur seule faute -, abolissant leurs exigences pour le luxe d’un confort sans beauté, mais propre, dédaigneux et criard, qualités converties, par le biais de la publicité, en références obligées. – Passons.)

Or c’est bien au XIIIème siècle, en sa deuxième moitié, que, succédant aux bibles atlantiques, et s’opposant à elles aussi, apparaît la bible portative – paradigme de tout autre livre, la Bible étant reçue comme centre parfait autour duquel tournaient tous les autres ouvrages (et le plus profane même de ceux-ci y reconnaissait un ultime point) – permettant aux chanoines de disposer de l’ensemble du texte immense et sacré en format réduit dans la brisure ou le pli d’une bure… Les missionnaires l’emporteront avec eux, ainsi que les armées chrétiennes.

Le Christianisme doit presque tout au codex, et au codex portatif. L’histoire de la fortune de l’évangélisation – le devoir de proclamation de la Bonne Nouvelle (en grec euaggelion) « à toute la création », tardivement introduit dans le finale de l’Evangile selon Marc (16, 15) - demeure aussi une histoire de poches, et de livres de poche.

On souligne volontiers le lien unissant la Réforme protestante au XVIème siècle et la vulgarisation de l’imprimerie, qui permit l’accès sans intermédiaire aux textes sacrés. Fera-t-on un jour le lien entre le livre portatif et la chute terrible de l’Empire aztèque, au même siècle ?

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article