Un arbre du jardin me fait faire le beau ; Grave, il se déshabille et donne sa vêture Aux oiseaux. Sur mon cou, trésors de la nature, J'en prive les oiseaux, je vous porte, fardeau
D'ingénieux chasseurs. L'arbre est un grand oiseau. D'un appareil de rame en ses mains costumé, Je me tiens aussi mal qu'un arbre ou qu'un almée. Et cette fausse vie comme des fleurs dans l'eau,
De l'arbre je la tiens : l'arbre m'a tout donné. Tout le monde peut voir cet arbre changer d'âge, Dans ses touffes cacher des pots de maquillage, Des bandelettes de son ombre enrubanné.
D'épingles tapissé, ainsi souffre le houx : Son costume le perce et de même vous pique Les mains. Quelle étrange fleur de houx, fleur de pique Suis-je, à l'arbre épinglé par l'œil de son genou ?
Olivier Larronde, Les Barricades mystérieuses. Paris : Gallimard, 1948, p. 20.