Fragments d'un Carnet de mots et d'images
Les blogues (et les fichiers informatiques) sont plus fragiles encore que les livres et ses papiers, et ses parchemins : si le feu ne les menace pas, ni l'insecte, ni le champignon, ce sont, pires menaces encore, celles de l’électricité fragile et des maintenances, et des aléas informatiques, qui peuvent les vouer, frêles voix blanches, au néant d’une page effacée qui ne s’affiche plus soudain sur l'écran. La vie, elle, continue de se dérouler dans des pages réelles...
Au monde moderne, à ses pages numériques, à ses archives incertaines, il manque les millénaires jarres d'argile de Qumrân. Et sans doute d'innombrables pages ne les méritent-elles pas. Parmi elles, combien de voix ? Le bruit alentour est assourdissant, mais parfois, comme dans la vie des villes, comme dans la vie du monde, comme dans les livres des bibliothèques, j'entends bien quelqu'un. Combien de personnes ? Je vois d'incalculables individus, certes, mais j'ai deviné quelques corps — ainsi que de vivantes, de splendides promesses.