Fragments d'un Carnet de mots et d'images
(Lire ici le prétexte de ces Phrases.)
On dit que le tyran Pisistrate fut à Athènes le premier qui installa des livres de disciplines libérales pour les offrir à lire au public. Puis les Athéniens eux-mêmes augmentèrent la collection avec bien de l'ardeur et du soin ; mais ensuite Xerxès, qui s'était emparé d'Athènes, après l'incendie de la ville elle-même à l'exception de la citadelle, enleva et emporta en Perse toute cette quantité de livres. Ensuite bien des années plus tard, le roi Seleucus qui reçut le surnom de Nicanor *, prit soin de les ramener tous à Athènes.
Un grand nombre de livres furent ensuite rassemblés ou copiés par les rois Ptolémée en Egypte, environ sept cent mille rouleaux ; mais lors de la première guerre d'Alexandrie, au cours du pillage de la ville **, ils furent incendiés tous ***, par hasard, sans intention ni volonté délibérée, par des soldats auxiliaires.
Aulu-Gelle, Les Nuits attiques, Livre VII, chapitre XVII. In Les Nuits attiques, Tome 2 (Livres V-X), traduction par René Marache. Paris : Les Belles Lettres, 2002, p. 106.
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* Il s'agit en fait de Seleukos 1er Nikator (358-280), général macédonien qui devint roi de Syrie après la mort d'Alexandre, et non de l'amiral d'Alexandre Nikanor.
** En septembre 48 av. J.-C.
*** La bibliothèque d'Alexandrie ne brûla pas entièrement. Sénèque citant Tite-Live parle, lui, de quatre cent mille volumes.