Fragments d'un Carnet de mots et d'images
Billet de Saint-Jean-des-Ollières, Puy-de-Dôme.
Je regarde par-delà la terrasse où j’écris et je vois des collines, des nuages. Mais le paysage, lui, les arbres, les champs, les chemins, les routes et les villages bien sûr, sont des écritures purement humaines : ces symétries, ces coupes, ces irrégularités ont été depuis longtemps voulues et, sinon pensées, organisées. L’homme n’a pas encore (ou à peine) découpé de montagnes, ni décidé de l’emplacement des nuages, et c’est peut-être dans un Parc naturel, cet oxymore, comme celui où je fus il y a peu, que l’on trouve encore ce qui de la Terre n’appartient pas à l’homme, ainsi qu’un lieu où l’injonction biblique de soumettre la terre entière (Genèse, 1, 28) n’a pas pu s’accomplir. Quant au ciel… au ciel immédiat je veux dire, notre bleu plafond menteur, libre encore aux pinceaux des dieux d'y déployer leurs nuages.
(Et pourra-t-on dire que la terre aura été entièrement soumise à l’homme quand celui-ci l’aura entièrement détruite avec une bombe, ou la pollution inéluctable, et irréparable, de ses techniques ? A cet égard, l’objectif final de la dite « écologie », si l’on y songe un peu, ne serait-il pas la disparition pure et simple de l’homme de la surface de la Terre ?)
Un soir en Auvergne, par la terrasse.