Fragments d'un Carnet de mots et d'images
Maps in her wrists and arms In the tent of powder and lace Vultures pick at a carcass that feeds by hand Longing to decay Waits to hear the sound Of their wings slowly heave as they fly away Some will stay for days There's maps in her wrists and arms...
Peut-être le Lecteur de ces modestes notes aura-t-il eu la bienveillance de relire certaines d’entre elles. Il aura dès lors remarqué la phrase changée, le synonyme préféré à un mot initial, l’ajout. Ainsi que je l’ai déjà signalé , ces notes s’élaborent...
Je sais bien que le goût des Français pour Versailles est hélas devenu un prétexte commun qui permet trop facilement de se dérober à la question, toujours urgente, de l’héritage aujourd’hui, ainsi que le pointe Richard Millet dans son livre L’Opprobre,...
Au contraire d'une fonction de numéraire facile et représentatif comme le traite d'abord la foule, le parler qui est, après tout, rêve et chant, retrouve chez le poëte, par nécessité constitutive d'un art consacré aux fictions, sa virtualité. Stéphane...
L’Occident contemporain se trouve devant ce dilemme : accepter d’entendre le message des morts — tout l’art du monde ressurgi — donc jusqu’à un certain point changer son type d’écriture, incarner un nouveau type humain, plus vaste, ou n’être qu’un stérile...
Gilles de Rome, dans son traité De la connaissance des anges composé entre 1286 et 1289, écrivait que les anges, pour se transmettre leurs pensées, se servaient du ciel (de l'Empyrée) comme d'un parchemin pour y inscrire des signes qu'eux seuls pouvaient...
J'emprunte des idées à la poésie pour en faire des sujets de peintures. La peinture est le sens même du poème, tandis que le poème est l'illumination qui gît au cœur de la peinture. Shi Tao, peintre chinois (1642-vers 1707), Propos sur la peinture du...
Le beau village de Montréal, dans l'Yonne, en Bourgogne, est aimé. Si un promeneur voulait résumer sa première impression, il n'aurait presque rien d'autre à dire, sinon que ses habitants, et son maire, ont visiblement l'extrême, ou scrupuleux souci de...
Mais je vois bien mieux — encore que très obscurément — que toute œuvre d'art, si elle veut atteindre aux plus grandioses proportions, doit, avec une patience, une application infinies depuis les moments de son élaboration, descendre les millénaires,...
C'est la pierre la plus lourde que la mélancolie puisse jeter à l'homme que lui dire qu'il est au bout de sa nature ; ou qu'il n'existe aucun état futur vers quoi le nôtre pourrait progresser, et sans lequel il serait vain ; Sans cet aboutissement l'espoir...
Naguère les vitraux des églises et des cathédrales étaient des images narratives, ymaiges ystoriées qu'on a pu nommer (à tort, démontre Paul Veyne dans L'Empire gréco-romain , en partant de l'exemple des bas-reliefs de la Colonne Trajane ), avec les tapisseries...
Wang Mo, le peintre vagabond des T'ang, était connu pour ses ivrogneries. Avant de s'attaquer à une œuvre, il avait l'habitude de boire abondamment. Une fois ivre, il se mettait à peindre "à l'encre éclaboussée". Riant, chantant, il gesticulait des mains...
À quel point nos regards, nos regards (occidentaux) sur le paysage naturel et ceux de nos photographies, dépendent des peintures de paysage flamandes, nous ne le mesurons jamais assez. Il n'est que de contempler, dans un lieu consacré, une centaine de...
Que le prénom Jean était beau, je veux dire plus beau encore, quand il était orthographié Jehan ! Je ne comprends pas pourquoi l'on modernise le prénom de Jehan Froissart ou celui de Jehan Renart, l'auteur du Lai de l'Ombre. Il me semble que le h dans...
Toutes nos idées abstraites, nos théories politiques, sociales ne sont que systèmes, artifices convaincus d’erreur, de forfaiture, voire de ridicule par la seule présence d’une vache qui rêve paresseusement dans son pré ou d’un lion qui fait retentir...
Lors de mes déambulations dans la ville d'Alençon, mes pas m'ont entraîné dans une rue en forme de fer-à-cheval, dont le nom me frappa ; il pleuvait à verse, il faisait nuit, la rue était sombre, et je renonçai à sortir de ma besace mon appareil photographique...
« Avec ses aînés, il faut parler respectueusement et en peu de mots ; avec ceux de son âge, affectueusement et de bonne grâce. En parlant, on tient son chapeau de la main gauche, la droite posée légèrement vers le nombril ; il est plus convenable encore...
« Être assis les genoux ouverts en compas et se tenir debout les jambes écarquillées ou tout de travers, est d'un fanfaron. Il faut s'asseoir les genoux rapprochés, rester debout les jambes près l'une de l'autre, ou du moins avec peu d'intervalle. Quelques...
« Le poète de nos jours semble avoir écrit avec son sang : je ne jouerai pas le jeu que vous exigez ; je ne flatterai pas, je ne coïnciderai pas avec vous, ni par goûts ni par intérêts ordinaires ; je m’acharnerai à inventer quand vous ne voulez pas d’invention...
Qu'il y ait, sur la Toile, davantage de personnes écrivant sous un pseudonyme que de personnes écrivant sous leurs véritables noms, comme c'est mon cas, m'étonna naguère et m'étonne encore : certes la valse des noms, à la façon de Fernando Pessoa, est...
Je ne connais pas bien l'histoire ni la civilisation de l'antique Égypte, faute de temps et, je le reconnais, parce que je m'y intéresse moins qu'à d'autres civilisations — sans d'autres raisons que celles qui me portent davantage vers les traces de la...
Le bas Moyen Âge avait recours indifféremment aux verbes obnubler et enubler pour signifier que quelque chose s'obscurcissait, et, plus précisément, se couvrait de nuages. Si l'on a conservé la trace du verbe latin obnubilare, de même sens (au sens propre...
Dans ma jeunesse, je ne pouvais pas entrer dans une grande bibliothèque, disons de cent mille volumes, sans être envahi par un sentiment de peine et de perturbations intérieures, pas très éloigné de celui qui tirait des larmes à Xerxès, lorsqu’il considérait...
Les milliers de tableaux que j'ai vus sont autant de regards qui se sont ajoutés aux miens, qu'ils ont multipliés. Les milliers de tableaux qui m'attendent et que je verrai peut-être un jour sont des regards pour l'instant délaissés. Les milliers et les...
L'humaniste Sperone Speroni degli Alvarotti (qui fut en Italie l'exact contemporain de Maurice Scève mais vécut presque trente ans de plus* que le poète) disait de l'œuvre de Titien : "C'est le paradis de nos corps". Je ne sais définition plus juste et...