Un mien poème, "Haute Chambre de ville", figure dans le numéro 32 de la revue Les Hommes sans Épaules, second semestre 2011.
Dernier ouvrage
Frédéric Tison. Les Ailes basses. Paris : Editions Librairie-Galerie
Racine, décembre 2010.
Il est possible de commander le livre directement auprès de l'éditeur en faisant parvenir au 23 rue Racine, 75006 Paris un règlement de 15 euros, pour un exemplaire, à l'ordre de la Librairie-Galerie Racine. (Les frais d'envoi sont
offerts.)
Édition de textes rares (et oubliés)
Charles d'Orléans et les poètes de sa cour : "Je meurs de soif auprès de la fontaine", Les Onze Ballades du Puy de Blois (vers
1457-1460). Auto-édition Lulu, octobre 2011.
Les yeux du chien d'un clochard effondré dans la rue sont plus tristes, plus humides, plus humbles, plus appelants
encore que ceux de tous les chiens du monde. Ils semblent se dire — et nous le dire quand nous croisons leur regard d'orant confus et maladroit
—, immobiles et curieux et vaillants auprès de leur maître noyé, somnolent, pathétique au sein de la vitesse et du bruit indifférents de la ville et des
passants : "N'est-ce que cela, la vie ?".
John Constable (1776-1837), La Baie de Weymouth à l'approche de l'orage (vers 1818-1819). Musée du
Louvre, Paris. (Photographie du mercredi 1er février 2012.)
De manière générale, il est très difficile de prendre en photographie une toile de Constable — j'en dirais autant des
toiles de Turner ou de Monet, de tous les peintres de l'atmosphère du monde.
La lumière qui s'y pose, qui s'y accroche, qui la désire, modifie sans cesse la toile — tout comme l'ombre, et les ombres ; la texture, le relief, le velouté, l'air du tableau sont rebelles à toute "saisie" fidèle... Mais l'exercice est
envoûtant, ne serait-ce que parce que la photographie du tableau apparaît, lors de son "développement" numérique, figée dans l'instant unique d'un regard, tandis que la toile du musée
semble, quant à elle, dans son silence, dans la salle qui la conserve, selon l'heure, aussi variée et changeante qu'un paysage traversé par le vent, aussi insaisissable qu'un ciel.
Si quelque chose devait me réconcilier avec la modernité, ce serait bien la formation musicale And Also The Trees... En
particulier, cette petite merveille :
And Also The Trees, "Only", de l'album à venir Hunter not the Hunted (parution le 26 mars 2012).
(J'ai oublié le nom du peintre de cette toile, ne l'ayant pas noté...), Vue de la cour de l'Hôtel de Cluny (Titre suggéré ; et j'ai oublié également la
date exacte de la composition (milieu du XIXe siècle)... Une nouvelle visite s'impose qui comblera ces lacunes !). Hôtel de Cluny, Musée national du Moyen Âge, Paris. (Photographie du mercredi 25
janvier 2012.)
Achille Poirot (1797-1852), Vue de la grande salle du palais de thermes [Frigidarium] (1845). Hôtel de Cluny, Musée
national du Moyen Âge, Paris. (Photographie du mercredi 25 janvier 2012.)
L'honnête homme d'aujourd'hui ne sait plus l'être : il est victime de l'encyclopédisme, maladie moderne (1), à
l'instar du "spécialisme" qui ne sévit pas moins ; c'est qu'il collectionne la beauté sans s'en nourrir—, sans s'arrêter, sans creuser, sans tomber — il passe, il survole, il est oiseau
trop rapide, superficiel oiseau, Icare — dès lors il ne peut plus s'élever— ne serait-ce qu'au-dessus de ses propres ailes !
___________
(1) Exact envers, faut-il s'en étonner, de la crasse inculture répandue, revendiquée même, par la "société".
« Une histoire de l'ombre montrerait sa progressive disparition de l'Occident et la haine que lui vouent la modernité, le
progrès, le petit individu sourd à la grande musique de la nuit. La haine de l'ombre est donc sociale et politique : elle suppose non seulement que la nuit ait été vaincue par la Technique mais
aussi que l'individu ait été vidé de lui-même. Une histoire de la voix montrerait également sa clarification, sa surexposition, sa prolifération malfaisante et malheureuse dans le déclin des
langues. Sa damnation, aussi bien, seules l'écriture et la musique pouvant nous faire espérer assez d'ombre pour vivre inconnus.
Nietzsche disait que la qualité d'une civilisation se mesure au fait de ne pas avoir à élever la voix. Il ajoutait que "la voix
de la beauté parle bas". Or, nous ne cessons de crier, de gémir, d'appeler. Même notre silence est une forme de bavardage. Le vrai silence terrifie à ce point les humains qu'ils le peuplent
en tous lieux de musique et de bruit :
ils haïssent l'ombre et ignorent la juste mesure de la voix, laquelle n'a pas à se hausser ni à refuser l'ombre qui est en elle. La clarté qu'ils opposent au silence est celle de l'insignifiance,
où les valeurs du silence et de l'ombre, comme celles de l'éclat et du chant, n'existent plus. Hors de l'ombre, les humains dorment les yeux ouverts, parlent sans voix, vivent à côté de leur vie.
»
Richard Millet, "Haine de l'ombre", dans La Voix et l'Ombre. Paris : Gallimard, 2012, pp.
175-176.
Adam (vers 1260), anciennement au revers de la façade sud du transept de la cathédrale Notre-Dame de
Paris. Hôtel de Cluny, Musée du Moyen Âge, Paris. (Photographie du mercredi 25 janvier 2012.)
Les visages et les corps stylisés, stéréotypés, spiritualisés figurant sur les miniatures, les sculptures, les émaux et les
ivoires médiévaux sont l'expression d'une minutie lointaine et retenue.
Tête d'ange (pierre, après 1297), de l'église priorale Saint-Louis à Poissy. Hôtel de Cluny, Musée
du Moyen Âge, Paris. (Photographie du mercredi 25 janvier 2012.)
Rose d'or de Minucchio da Siena (Avignon, 1330, or et verre coloré, hauteur 60 cm), la plus
ancienne conservée du monde, commandée par le pape Jean XXII (1316-1334) qui l'offrit à Rodophe III de Nidau, comte de Neuchâtel, lequel avait soutenu le pape dans sa lutte contre
l'empereur Louis de Bavière. Originellement dans le Trésor de la cathédrale de Bâle. Hôtel de Cluny, Musée national du Moyen Âge, Paris. (Photographie du mercredi 25 janvier 2012.)
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